Le Syndrome du Titanic

Je suis allée voir Le syndrome du Titanic ce week end, et wow, quelle claque !
Nicolas Hulot nous propose à travers ce documentaire, un état des lieux de la situation mondiale actuelle et nous met en garde sur les dangers que nous encourons si nous continuons à épuiser la planète et à courir désespérément vers le consumérisme et le progrès, quitte à accroitre toujours plus les inégalités.
Comme il le dit :
“Ce film veut inviter chacun à s’interroger sur le sens du progrès. J’ai cru longtemps que la planète était infinie, que la trace de l’homme était insignifiante, que le progrès était un processus linéaire, irréversible, que la science, la technologie et les institutions nous mettaient à l’abri des menaces… Tout cela est un immense malentendu. On a érigé un système qui court à sa perte car il fonctionne sur le principe d’une croissance exponentielle et de ressources infinies dans un monde qui, lui, ne s’étend pas… Quand on aura à gérer une addition de pénuries, notre “vernis de civilisation” risque alors de voler en éclats ! Pas besoin d’être un prix Nobel pour comprendre qu’on arrive au bout du processus.”
Le titre est assez surprenant. Que désigne alors ce syndrome du Titanic ?
Nicolas Hulot répond :
“Il évoque bien sûr l’attitude des passagers du célèbre paquebot qui continuaient à danser et à festoyer sans réaliser la proximité avec l’iceberg fatal. Autrement dit, si nous ne changeons pas de direction, nous courrons à la catastrophe. Je dirais même que le scepticisme résiduel que j’observe encore chez certains à l’égard du changement climatique, revient à naviguer avec un bandeau sur les yeux par temps de brouillard à fond les manettes dans une mer parsemée d’icebergs… Le paquebot sur lequel nous sommes tous embarqués, c’est la planète Terre. Et nous n’en avons qu’une.”
Ce film m’a tout simplement époustouflée. Les images sont très esthétiques et le fait de les voir sur un grand écran de cinéma leur donne une dimension grandiose. Elles ne sont pas commentées mais sont souvent très révélatrices et sont en accord avec la réflexion menée par la voix de Nicolas Hulot. Elles déclenchent toujours une émotion chez le spectateur. On est émerveillé, en colère, triste, choqué. Bref, cela ne laisse pas indifférent.
Je ne suis pas très fan des documentaires écolos en général mais j’ai trouvé cette prise de conscience très poignante. On ne peut qu’être d’accord avec les propos du film. Alors je comprendrais que certains puissent critiquer la forme, mais sur le fond, il n’y a rien à dire. Le film ne propose pas de solution mais je pense que le problème est trop grand pour lancer des idées à tort et à travers. C’est trop compliqué comme problème pour résoudre cela avec un film. Je ne sais même pas s’il y a des solutions à la situation actuelle. Changer notre modèle capitaliste et réduire la consommation est un processus long et difficile à mettre en marche.
Et comme le dit le film, même si nous, les pays riches, nous changeons notre manière de vivre et de consommer, les pays pauvres eux courent toujours vers le progrès et la croissance pour sortir de leur pauvreté. Bref, tout cela est très compliqué.
Mais avant de changer quoi que ce soit, il faut prendre conscience des choses et c’est exactement le but de ce documentaire. Il traite de divers thèmes et problèmes avec beaucoup de sincérité et d’humanité. Et c’est justement ça qui manque souvent dans notre société : c’est l’humanité. Tout est mesuré, quantifié, chiffré. On en oublierait presque qu’on est des humains.
Même si quelque part on sait déjà tout ce dont le film parle, ce documentaire met des images et des mots dessus et on ne peut qu’ouvrir grands ses yeux et se dire « mince…c’est tellement vrai et tellement horrible. »
Conclusion, je vous conseille de le voir. Ce serait dommage de passer à coté d’une telle bulle de vérité et d’émotions.
Pour ceux que cela intéresse, voici la bande annonce :
